Le projet « Kat ou la », lancé par le gouvernement haïtien, prévoit la mise à disposition de 500 000 cartes d’identité nationale, avec 250 000 cartes supplémentaires en production. L’annonce a été faite ce mardi 24 mars 2026, par le Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé, lors de sa visite au siège de l’Office National d’Identification (ONI).
Selon un communiqué de la Primature, ces cartes sont produites à l’aide de technologies modernes afin d’assurer leur durabilité et leur standardisation. Le Premier ministre précise qu’elles permettront aux citoyens haïtiens, sur le territoire national et dans la diaspora, de disposer d’une carte d’identité officielle.
Le chef du gouvernement explique que la carte d’identité est nécessaire pour l’exercice des droits civiques et la participation aux élections générales prévues dans le pays. Cette annonce intervient alors que le pays prépare ses prochaines élections sur fond de violence des gangs, prévues pour la première fois depuis 10 ans.
Le projet comprend également, selon le communiqué, un programme pilote pour délivrer des cartes aux nouveau-nés, permettant l’enregistrement systématique des enfants dès la naissance. Pour les autorités, cette mesure facilitera l’accès futur des enfants aux services administratifs.
Les forces de sécurité — PNH, FAd’H et FRG — participeront à la protection des opérations et à la sécurisation des bureaux, notamment dans le centre-ville de Port-au-Prince, ont indiqué les responsables.
L’ONI a récemment ouvert un bureau à la SONAPI pour rendre l’accès aux cartes plus facile et améliorer l’organisation du système d’identification nationale. Toutefois, plus de 1,4 million de personnes déplacées par la violence, dont beaucoup ont perdu leur carte d’identité en fuyant les attaques des gangs, restent concernées.
Dans certaines zones, les centres de vote ne sont plus accessibles en raison de la présence des gangs, ce qui rend le déroulement des prochaines élections difficile dans ces secteurs.
Le projet avance techniquement avec les travaux du Conseil Électoral Provisoire (CEP), mais la sécurité demeure un défi à résoudre par le gouvernement. Le président du CEP, Jacques Desrosiers, avait déjà affirmé que la sécurité reste l’une des conditions préalables à toute élection en Haïti.
