Le suspect clé Joseph Félix Badio a comparu ce vendredi 17 avril 2026, devant le juge d’instruction Dénis Cyprien dans le cadre de l’enquête rouverte sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021, lorsqu’un commando de mercenaires colombiens a fait irruption à son domicile à Pétion-Ville.
Sa comparution fait suite à l’audition de l’actuel Directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, au cabinet du juge jeudi, en compagnie de son avocat Mario Delcy. Ce dernier est connu publiquement dans le cadre de ce dossier comme l’officier ayant transporté la Première dame, Martine Moïse, à l’hôpital après avoir été laissée pour morte par les assassins.
Badio, qui se présentait comme non coupable, notamment dans le débat judiciaire autour de l’ordonnance du juge Walter Wesser Voltaire à la Cour d’appel en 2025, voit son nom réapparaître dans le déroulement du procès lié à ce crime, actuellement en cours aux États-Unis.Selon les témoignages de plusieurs condamnés ayant passé à la barre, comme l’ancien sénateur haïtien John Joël Joseph et l’homme d’affaires Rodolphe Jaar, ils ont présenté Badio comme un membre clé du complot, visant dans un premier temps l’enlèvement du président, avant de se transformer en un plan d’exécution du chef de l’État haïtien.
Badio aurait reçu 10 000 dollars américains de Jaar dans le cadre de la planification du complot meurtrier. Il se serait également, selon John Joël Joseph, présenté comme un agent du département de la sécurité, participant à la location des véhicules et effectuant les appels nécessaires pour permettre à certains protagonistes de prendre la fuite. L’ancien fonctionnaire est décrit comme un acteur du complot qui cherchait à faire nommer le juge Wendell Coq-Thelot comme président. Il aurait également proposé de mutiler le corps de la victime, de le placer dans un récipient puis de le jeter à la mer.
Des messages retrouvés par les agents du FBI ont révélé des échanges entre Badio et plusieurs autres participants à l’assassinat.Si le procès se poursuit aux États-Unis, en Haïti aucun jugement n’a encore eu lieu et aucune condamnation n’a été prononcée. Environ une quarantaine de personnes sont détenues, dont 17 anciens militaires colombiens.
Le dossier entre dans sa cinquième année alors que le pays reste dans l’attente d’une décision judiciaire qui pourrait faire la lumière sur ce crime. Les doutes persistent, les accusations fusent de toutes parts, chaque camp pointant du doigt l’autre, tandis que la famille de l’ancien président attend justice et réparation.
